De l'argentique au numérique

Le Kodak Brownie et ses potes
Le Kodak Brownie et ses potes

Je ne me rappelle plus de quand date mon premier appareil photo (à l'époque un Kodak Brownie, qui prenait des photos carrées, Instagram avant l'heure). 

 

A 13 ans, je faisais partie du "club photo" du collège où l'on se prenait en photo avec un Rolleiflex (viseur inversé) et où l'on apprenait à développer les photos (en chambre noire, l'agrandisseur et les bacs à produits révélateurs et fixateurs). C'est bon, la moitié des lecteurs a décroché...

 

La photo argentique (avec des pellicules) ça n'était pas donné à tout le monde. Ce n'était pas nécessairement une question d'argent, mais rien que le fait de prendre des photos et n'avoir le résultat qu'une semaine après, ça demandait de la patience et la surprise du résultat n'était pas toujours au rendez-vous. Le coup de la pellicule mal engagée (Ah tiens, j'ai fait 52 poses pour une péloche de 36 ?), la sensibilité qu'on oublie de régler (La vache ! C'est complètement bouché ou complètement sur-ex !), le pare-soleil mal vissé (c'est quoi ce halo noir ? Ca marche aussi pour le numérique ce genre de gaffe...).

 

minox 35 mm argentique
Mon Minox (dit l'increvable)

En somme, l'argentique, c'est tout un cérémonial (achat de pellicules qu'on stocke au réfrigérateur, à côté des oeufs). On apprend à charger sa pellicule sous le t-shirt lorsqu'on est en plein soleil. Et on ne mitraille pas n'importe quoi, on s'applique avec le sujet, le cadrage, la lumière... Photoshop n'existait pas ! Et on attend les tirages (qu'on fera faire en double ou triple exemplaires pour la famille ou les amis qui comptent sur vous pour faire de jolis souvenirs, ah, bon t'as fait du noir et blanc ? -merci qui ?!-)

 

1998, je travaille pour une maison d'édition spécialisée dans les vieilles photos. Je numérise puis retouche les documents un peu fanés ou détériorés par le temps (avec mon ami Photoshop). Des photos de toute beauté et de grande qualité (ainsi que des plaques de verres, ancêtre de la pellicule) sont passées entre mes mains. Mais de sacrées bouses aussi, vu que c'est l'avènement du numérique, disons "grand public" et surtout basse définition (avec l'heure incrustée au bas de la photo, la plaie pour les retouches) et que certains auteurs, de peur qu'on leur vole leurs documents, photographient leurs photographies (gné?!).

Ma définition du numérique à ses débuts (© Trub)
Ma définition du numérique à ses débuts (© Trub)
numérique canon ixus 105
Mon deuxième compact Canon

Renversement de situation : tous ceux que la photo argentique (traditionnelle)  rebutait pour les raisons citées précédemment, se sont achetés des APN pour photographier tout et n'importe quoi, vu qu'on a le résultat immédiatement, pas besoin d'aller chez le photographe, t'as vu c'est génial ?!

 

La qualité, à cette époque, est loin d'être "géniale" et pas question de prendre une photo sur le vif, vu le temps de latence entre le "clic" du déclencheur et le "clac" de l'obturateur... Je fais un stock de pellicules Ilford pour mon Minox et j'attendrai 2005 pour m'acheter un compact numérique potable (et je partirai en voyage avec les deux !).

 

Force est de constater qu'en 2006 on ne peut plus faire développer correctement des photos et que le numérique a pris le pas sur l'argentique. Vive le progrès, donc... Et je ne parle même pas des téléphones portables avec des optiques Zeiss !

 

J'ai toujours bien aimé les petits appareils photos pour pouvoir déclencher en douce (et les glisser dans la poche), le problème du compact numérique c'est qu'il faut anticiper avant de photographier. Les cadrages sont moyens, les photos de nuit sont floues et on fera jamais un agrandissement de qualité...

Décembre 2014, je teste un objectif Sigma sur l'appareil photo de mon neveu. Et là, révélation, c'est ça ce que je veux, c'est ça qu'il me faut !!! Trop beau, trop bien !!! Mais il va me falloir investir dans un boîtier, chose que je n'ai jamais fait car j'empruntais parfois les réflex argentiques des copains (qu'à la longue je trouvais trop lourds et trop encombrants... les appareils photos hein, pas les copains -quoique-).

 

Mai 2015, j'investis (une partie de mes indemnités de licenciement) dans du lourd (à tout point de vue) et continue de photographier mais avec du matériel de pro. Mon approche de l'image n'a pas changé, si ce n'est que j'y gagne en qualité et que je retrouve avec bonheur les avantages du 35 mm de mon Minox (les réglages en plus, cela va sans dire). Le passage de l'argentique au numérique m'aura demandé du temps mais ma patience m'aura récompensée avec ce combo parfait !

 

numérique pro canon 6D objectif Sigma 35 mm 1.4 Art
Mon nouveau copain, un Canon 6D + objectif Sigma 35 mm 1.4

Le bonus du grenier

appareils argentiques FOCA
Un Focamatic (ça claque !) et un Foca Sport

Le virus photo s'attrape jeune et c'est mon père qui nous l'a refilé (ma soeur, moi, mes neveux, mes nièces et si ça se trouve le clébard shoote en douce).

 

Voici deux des appareils qui ont fourni les albums familiaux en noir et blanc, évidemment !

 

Il suffirait d'un bon nettoyage et ils reprendraient du service. Mais je risque de faire des jaloux auprès des petits jeunes qui redécouvrent l'argentique (c'est devenu tellement hype le vintage !).

 

D'ailleurs, lors d'une brocante, j'ai vendu, à un couple de hipsters, un Polaroïd et un Lubitel (qui finiront en déco sur un buffet en formica ;-D)

focamatic focasport années 60 argentique
Vu le poids des engins, les matériaux employés, c'est pas du cochonium !

La société Optique et précision de Levallois (OPL) est spécialisée au départ dans la fabrication d'appareils optiques pour l'armée, dont des collimateurs, des télémètres et, plus anecdotiquement, des "mitrailleuses photographiques" embarquées.

En 1938, sous la pression des industriels français de la photographie, le gouvernement contingente l'importation des appareils allemands. Rapidement, Armand de Gramont a l'idée de fabriquer des appareils français de format 135 équivalents aux Leica.

 

Source Wikipédia